mercredi 18 juin 2014

LA TOUR DES VIEUX

A Bruxelles, les années 30 ont produit la Basilique de Koekelberg, symbole religieux, les années 50 l'Atomium, symbole technique. Avec les années 60 est arrivée la Tour du Midi, symbole bureaucratique. C'est en effet la Caisse Nationale des Pensions qui a construit le plus haut building de la ville, autrement dit, la Tour des Vieux. Trente ans plus tard, aillant mal vieilli, elle fera l'objet d'un lifting, qui lui a donné son aspect actuel. 


dimanche 25 mai 2014

LES FOLLES FACADES DE GUSTAVE STRAUVEN

Entre la Barrière et la Maison Communale de St Gilles, on peut voir un étrange objet Art-Nouveau, sorte de bouquet de ferronneries, d'huisseries et de briques multicolores. C'est une maison de Gustave Strauven. Moins connu que Victor Horta, dont il fut l'élève, ou plutôt l'apprenti, il a signé une trentaine de maisons et d'immeubles, dont la surréaliste Maison Saint-Cyr, square Ambiorix. A peine plus sobre, la Maison De Beck en reprend quelques principes : mélange de matériaux (fer, bois, briques), aucune fenêtre identique, étages tous différents, colorisation, spirales métalliques en toiture. La façade est principalement composée d'un bow-window, complété à gauche par une deuxième travée plus étroite, et au dessus par une lucarne devenue belvédère.
Classée monument historique tout récemment, en 2006, la Maison De Beck a quand même perdu en route son magasin du rez-de-chaussée, tristement remplacé par un banal salon de coiffure, soi-disant esthétique.
Grièvement blessé pendant la première guerre mondiale, Gustave Strauven mourra en 1919, à l'âge de 40 ans.

Avenue Paul Dejaer 9, St Gilles

LIENS :
http://www.irismonument.be

mardi 18 mars 2014

CRY ME A RIVER

Couramment utilisée dans la mode et le design, le noir reste une couleur un peu maudite en architecture. Rares sont en effet les immeubles teintés réglisse. Il faut donc s'aventurer dans un quartier un peu perdu, rue de la Senne, presque à Emmaüs, à l'ombre de la cheminée de l'ancienne poudrière. C'est là, dans ce district qui hésite encore entre lofts et hallal, que les architectes Lhoas & Lhoas ont rénové en anthracite un petit îlot d'immeubles industriels. Du noir donc, mais pas seulement, car ponctué de balcons acidulés vert et orange. Sur le toit, une enseigne courbe affiche en arc-en-ciel Cry Me A River. Citation de Julie London, de Joe Cocker, ou d'It's A Beautiful Day Live At Carnegie Hall ? Pas du tout. Juste un petit clin d'oeil nostalgique (dû à l'artiste Ugo Rondinone) à l'ancienne rivière de Bruxelles, la Senne, qui passait ici avant d'être enfouie dans les réseaux d'égouts, à la fin du XIXe siècle. Et puis le printemps est arrivé, et changement de programme, Cry Me A River a aussi disparu, faisant désormais place aux quatre lettres KINO.

Rue de la Senne, 1000 Bruxelles

Liens :
Lhoas & Lhoas
Ugo Rondinone



lundi 10 mars 2014

L'ENFER DE GENVAL

On va donc construire une nouvelle tour à Bruxelles. Une de plus. Son nom ? Silver Tower. Dans un genre où la médiocrité est la règle, il est probable qu'elle ne sera ni plus ni moins moche que ses voisines. Probable, mais pas certain, car elle sera réalisée par l'Atelier d'Architecture de Genval, une agence qui a déjà prouvé plusieurs fois que le pire était toujours possible.

Quelques exemples :
En tête de gondole, le Parlement Européen, ce mastodonte censé représenter l'Europe, et qui n'a réussi qu'à représenter un fromage, le Caprice Des Dieux.
Toujours dans le quartier européen, la tour Joseph II, avec son élégant bouquet de fausses arches en verre fumé (souligné de jaune citron), planté comme une botte de poireaux sur sa terrasse.
A l'entrée du Bd Albert II, Euroclear présente une variation amusante de l'esthétique boite à chaussures, avec ses fausses lucarnes pointues en toiture.
Mais le sommet du kitsch bureaucratique est sans doute atteint avec le Marquis Building, ce pastiche néo-gothique cauchemardesque, construit à la fin des années 80, juste à côté de la cathédrale.

Plus d'infos sur le site de Genval, ou dans le livre paru en 2002 chez Arca Edizioni.


samedi 22 février 2014

WIELS BUILDING

La bière fit la fortune des Wielemans-Ceuppens. Partis boulangers, ils arrivèrent millionnaires. La bibine, qui coulait à flots dans les gosiers assoiffés du peuple belge, remplit les caisses de la famille, qui acheta en 1879 un vaste terrain marécageux à la sortie de Bruxelles pour y implanter sa nouvelle brasserie. En 1930, on remet ça, et l'architecte Adrien Blomme est chargé de construire la nouvelle salle de brassage. Façades épurées, fenêtres en longueur, béton armé et drapeau, Blomme dessine un véritable building à bière. Pendant un demi-siècle, de ce vaisseau amarré à Forest, la Wiel's inondera la Belgique. Hélas en 1988, sous la pression de la concurrence, le bateau coule. Echouée au bord des voies ferrés, la brasserie a la gueule de bois. Va t-on la liquider définitivement ? Mais en 2007, tournée générale, elle devient le Wiels, centre d'art contemporain, et même si le houblon n'y fermente plus, les énormes cuves en cuivre sont toujours là. Une architecture qui donne soif.

Le Wiels