lundi 24 octobre 2011

FRICHE ADMINISTRATIVE

En plein centre de Bruxelles existe une immense friche, non pas industrielle, mais bureaucratique : la Cité Administrative. Construit dans les années 60 (en détruisant notamment l'escalier monumental qui mettait en scène la colonne du Congrès) pour regrouper, donc centraliser, en un même lieu et quelques barres l'essentiel des ministères belges, ce phalanstère gigantesque s'est retrouvé de fait obsolète par la décentralisation de la Belgique en 1993. Entre la rue Royale et le Boulevard Pachéco, autour d'une esplanade déserte jonchée de débris où poussent les herbes folles, ses ruines dominent la capitale, symbole post-atomique de la désintégration du petit royaume.

dimanche 23 octobre 2011

WATERLOO ART NOUVEAU

A l'heure où l'on expose façon puzzle la façade en pièces détachées de l'Hôtel Aubecq, vestige d'un immeuble de Victor Horta démoli en 1950, il est paradoxal de constater qu'à Bruxelles d'autres maisons Art Nouveau menacent de subir le même sort, 60 ans après, sans qu'on ait cette fois l'excuse facile du rejet qu'avaient les fifties pour "l'art nouille". A deux pas du métro Horta, justement, s'alignent depuis 1901 six maisons de Jean-Pierre Van Oostveen. Trois ont été définitivement défigurées, une a été restaurée par sa propriétaire, les deux dernières vieillissent dans un état affreux, un pied dans la tombe, l'autre Chaussée de Waterloo.

Lien :
www.irismonument.be

Chaussée de Waterloo, 250 et 252, Saint Gilles.

jeudi 20 octobre 2011

MARTINI TOWER

Construit entre 1957 et 1961 par les architectes Jacques Cuisinier et Serge Lebrun, à l'emplacement de l'ancienne gare du Nord, cet étonnant complexe moderniste, de son vrai nom Centre International Rogier, abritait dans ses 30 étages et 117 m de haut : le Théâtre National de Belgique, 85 magasins, le Passage International, 25 000 m2 de bureaux, 116 appartements aux noms exotiques (Palma, Iris, Héra), 3 salles d'exposition, une polyclinique, une gare d'autobus, une station service, des parkings et un restaurant panoramique.
Perché au sommet de la tour et accessible à 5,5 m/s par l'ascenseur le plus rapide d'Europe, le Club Martini, couronné plus tard d'un énorme logo Mercedes, dominait la dolce vita bruxelloise, et accueillait autour d'un drink bianco ou on the rocks les stars du show business international.

La Tour Martini a été rasée en 2001, remplacée par la Tour Dexia, banque qui, 10 ans après, est au bord de la faillite.

Liens :
videos

Place Rogier,  Saint-Josse.

mardi 18 octobre 2011

RADIO PAQUEBOT

Peu connu en dehors du royaume (il ne figure même pas dans le dictionnaire des architectes, éditions Seghers, 1982), Joseph Diongre dessine en 1933 ce magnifique paquebot de briques et de verre, amarré au bord des étangs d'Ixelles. C'était La Maison de la Radio, « l’usine à sons », aïeule bruxelloise de la future maison parisienne de l'ORTF, avec ses studios d'enregistrement, ses multiples bureaux et le mat de son sémaphore d'où s'envolaient les ondes de l'émetteur de l'Institut national de radiodiffusion belge.
Mais les années passent... En 1967, La RTB (Radio Télévision Belge) quitte le navire et le bâtiment délaissé commence à rouiller, prenant de la gîte et des allures de vaisseau fantôme, tel le France au Havre, abandonné sur le quai de l'oubli.
Sauvé de la noyade et du démantèlement en 1998, Le Flagey se remet à flot, devenant centre culturel, avec des concerts, une salle de la Cinematek et le Café Belga, où l'on boit une Vedett sur le débarcadère de la Place.

Place Flagey, Ixelles.